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Les
Bamogo de Dablo
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| Dablo,
département de la province du Sammatenga, est à 95
km au nord de Kaya et à 200 km de Ouagadougou.
D'abord occupée par les Fulsé et les Peuhl, peuples
d'éleveurs, la région a ensuite attiré les
Mossé, agriculteurs et artisans. Certains d'entre eux, les
Bamogo, que la tradition donnent originaires du
village de Sorgho entre Barsalogo
et Kaya étaient des forgerons réputés
qui maîtrisaient parfaitement la technique de production du
fer à partir de minerai.
Avec le fer ainsi produit, ils fabriquaient tous les outils et instruments
de base nécessaires à l'agriculture.
Ils se sont installés dans la région de Dablo ou afleuraient
des gisements de minerai facilement exploitables et riches en teneur
de fer. Aujourd'hui encore ils occupent toujours le quartier Tanseig-sambin
de Dablo
Au Burkina Faso, chez les Moosés, le patronyme de Bamogo
est lié à l'appartenance à la caste respectée
des forgerons, parfois craints pour leur art et leur pouvoir surnaturel
sur la matière. Leur savoir et savoir faire en matière
de métallurgie et de maîtrise du fer s'inscrit dans
une longue tradition qui se pert dans la nuit des temps.
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Jadis,
au village et parfois à l'échelon de la région,
les forgerons jouaient un rôle économique et social
important. Fabriquant le matériel agricole: dabas, pioches,
haches... ils contrôlaient de ce fait les moyens de production
d'une économie essentiellement agricole. Ils concevaient
aussi les armes de guerre et de chasse ainsi que l'outillage des
autres corps de métiers. Il en résultait une veritable
mainmise sur toutes les activités économiques. Ce
pouvoir était une arme redoutable qu'ils n'hésitaient
pas à brandir lors de conflits sociaux. La grève des
forgerons était redoutée par tous car, en cas de grève,
plus aucun instrument métallique ne pouvait servir à
faire quoique ce soit.
La situation actuelle des forgerons est très différente.
Même s'ils ont conservé une certaine aisance,les forgerons
ont perdu leur place sociale privilégiée avec l'introduction
de l'économie marchande moderne et tous les boulversements
sociaux associés.
Aujourd'hui ils sont souvent marginalisés, voire méprisés.
La crainte et le respect qui les entouraient tendent à disparaître
totalement. |
L'Association
" PASSATÉ " |
Festival
"Wed-Binde" de Kaya
02 BP 5266 Ouagadougou 02
Tél : (226) 50 35 01 54
Fax : (226) 50 31 68 08
mogoba59@yahoo.fr |
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La
survie de ce savoir faire des forgerons est menacée. La colonisation
et ses contreintes, puis l'importation de produits occidentaux manufacturés
ont porté un coup fatal à cette production métallurgique
traditionnelle.
Les recherches du Pr. Jean-Baptiste Kiéthéga nous
assurent que les derniers hauts fournaux de production traditionnelle
du fer se sont éteints juste après le seconde guerre
mondiale.
Avec la disparition progressive des derniers détenteurs de
ce savoir technique, c'est tout un pan du patrimoine immatériel
du Burkina Faso qui risquait de disparaître sans l'intervention
décisive de l'Association "Passaté"
("ne finira jamais" en mooré).
Cette association qui intervient dans le domaine culturel et social
(on lui doit le festival "Wend Bindé"
de Kaya) a organisé cette journée de la métallurgie
traditionnelle à Dablo car " Nous ne devons pas
laisser disparaître ce que nous avons reçu comme richesse
de nos parents" comme le rappelle son président
Jacob Bamogo qui espère pouvoir organiser
prochainement une rencontre de tous les "maîtres du feu"
du Burkina Faso
Les
Maîtres du feu
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Les
circonstances sont exceptionnelles, toute la communauté des
forgerons de Tanseig-sambin est réunie autour
de ses vieux, les derniers détenteurs du savoir.
Le Doyen de la communauté, Razinga BAMOGO,
ne va pas se contenter de superviser les opérations. A 90
ans passés, acteur principal de l'évênement,
il en sera aussi le Maître de cérémonie |
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Les notables
de toutes les communautés du département de Dablo
sont présents |
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Sous
le regard des anciens, les jeunes de la communauté vont se
relayer pour activer les soufflets, travail qui demande force, rythme,
endurance et détermination.
Pour prendre des forces rien ne vaut la bouillie de farine de petit
mil... |
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Mais
avant toute opération, il faut demander la bénédiction
des dieux et des ancêtres.
Le poulet sera sacrifié... |
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