Du   minerai   de  fer  à   la  “daba”
La   production   ancestrale   du  fer   au   Burkina  Faso

 
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juin 2005
Les Bamogo de Dablo
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Dablo, département de la province du Sammatenga, est à 95 km au nord de Kaya et à 200 km de Ouagadougou.

D'abord occupée par les Fulsé et les Peuhl, peuples d'éleveurs, la région a ensuite attiré les Mossé, agriculteurs et artisans. Certains d'entre eux, les Bamogo, que la tradition donnent originaires du village de Sorgho entre Barsalogo et Kaya étaient des forgerons réputés qui maîtrisaient parfaitement la technique de production du fer à partir de minerai.
Avec le fer ainsi produit, ils fabriquaient tous les outils et instruments de base nécessaires à l'agriculture.

Ils se sont installés dans la région de Dablo ou afleuraient des gisements de minerai facilement exploitables et riches en teneur de fer. Aujourd'hui encore ils occupent toujours le quartier Tanseig-sambin de Dablo

Au Burkina Faso, chez les Moosés, le patronyme de Bamogo est lié à l'appartenance à la caste respectée des forgerons, parfois craints pour leur art et leur pouvoir surnaturel sur la matière. Leur savoir et savoir faire en matière de métallurgie et de maîtrise du fer s'inscrit dans une longue tradition qui se pert dans la nuit des temps.
Jadis, au village et parfois à l'échelon de la région, les forgerons jouaient un rôle économique et social important. Fabriquant le matériel agricole: dabas, pioches, haches... ils contrôlaient de ce fait les moyens de production d'une économie essentiellement agricole. Ils concevaient aussi les armes de guerre et de chasse ainsi que l'outillage des autres corps de métiers. Il en résultait une veritable mainmise sur toutes les activités économiques. Ce pouvoir était une arme redoutable qu'ils n'hésitaient pas à brandir lors de conflits sociaux. La grève des forgerons était redoutée par tous car, en cas de grève, plus aucun instrument métallique ne pouvait servir à faire quoique ce soit.

La situation actuelle des forgerons est très différente. Même s'ils ont conservé une certaine aisance,les forgerons ont perdu leur place sociale privilégiée avec l'introduction de l'économie marchande moderne et tous les boulversements sociaux associés.
Aujourd'hui ils sont souvent marginalisés, voire méprisés. La crainte et le respect qui les entouraient tendent à disparaître totalement.
L'Association
" PASSATÉ "
 
Festival "Wed-Binde" de Kaya
02 BP 5266 Ouagadougou 02
Tél : (226) 50 35 01 54
Fax : (226) 50 31 68 08
mogoba59@yahoo.fr
 
La survie de ce savoir faire des forgerons est menacée. La colonisation et ses contreintes, puis l'importation de produits occidentaux manufacturés ont porté un coup fatal à cette production métallurgique traditionnelle.
Les recherches du Pr. Jean-Baptiste Kiéthéga nous assurent que les derniers hauts fournaux de production traditionnelle du fer se sont éteints juste après le seconde guerre mondiale.

Avec la disparition progressive des derniers détenteurs de ce savoir technique, c'est tout un pan du patrimoine immatériel du Burkina Faso qui risquait de disparaître sans l'intervention décisive de l'Association "Passaté" ("ne finira jamais" en mooré).
Cette association qui intervient dans le domaine culturel et social (on lui doit le festival "Wend Bindé" de Kaya) a organisé cette journée de la métallurgie traditionnelle à Dablo car " Nous ne devons pas laisser disparaître ce que nous avons reçu comme richesse de nos parents" comme le rappelle son président Jacob Bamogo qui espère pouvoir organiser prochainement une rencontre de tous les "maîtres du feu" du Burkina Faso

Les Maîtres du feu
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Les circonstances sont exceptionnelles, toute la communauté des forgerons de Tanseig-sambin est réunie autour de ses vieux, les derniers détenteurs du savoir.

Le Doyen de la communauté, Razinga BAMOGO, ne va pas se contenter de superviser les opérations. A 90 ans passés, acteur principal de l'évênement, il en sera aussi le Maître de cérémonie
Les notables de toutes les communautés du département de Dablo sont présents
Sous le regard des anciens, les jeunes de la communauté vont se relayer pour activer les soufflets, travail qui demande force, rythme, endurance et détermination.

Pour prendre des forces rien ne vaut la bouillie de farine de petit mil...
Mais avant toute opération, il faut demander la bénédiction des dieux et des ancêtres.

Le poulet sera sacrifié...